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Version 6 : Prochain arrêt : Galaxy

Et voilà déjà la sixième version de Pepperville.
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 les yeux qui traînent (chloé)

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Hal Travis
Jeune chaton

Message(#) Sujet: les yeux qui traînent (chloé) Dim 7 Jan - 23:07


Trouver une église catholique dans un pays à majorité protestante, cela peut parfois s'avérer compliqué. Hal n'a pas été tatillon sur le choix de sa paroisse; il a choisi celle qui était le plus près, c'est à dire à environ un quart d'heure de route de Pepperville. La messe du Dimanche est un rituel, certes un peu désuet, mais qu'Hal ne raterait sous aucun prétexte. Il termine bien sa semaine et en commence une nouvelle avec la bénédiction du Père. Et puis, il se sent bien. Enfin, il s'y sentait bien, jusqu'à peu. Parce qu'on ne va pas se mentir, il y en a bien quelques uns, des catholiques à l'esprit ouvert, mais l'idée même qu'il pourrait aimer les hommes, ne serait-ce qu'un peu.. il a presque l'impression de sentir des regards fixés sur son dos, comme s'il portait une pancarte criant "je suis bi et perdu ! ". Certes, des homos, il y en quelques uns à Pepperville.. mais Hal, il ne sait pas à qui en parler. Il ne sait pas ce qu'il se passerait si un jour, il osait présenter un homme à ses collègues de derby, ou pire, de boulot ! Il connait même pas l'opinion de ses parents sur le sujet. L'auraient-ils virés de la maison ? Peut-être pas. Ils étaient toujours ailleurs, de toute manière. Dans un coin exigu de leur esprit ravagé, leur cerveau en érosion à cause des drogues et de l'alcool. Hal attend quelques secondes à l'extérieur de la petite chapelle. Les gens comme lui, vont-ils à l'Eglise ? Est-ce que sa foi convaincra ses semblables de ne pas le détester ? Hal se demande à quoi aurait ressemblé son adolescence si cette attraction lui avait paru aussi claire qu'aujourd'hui. Il soupire et rentre dans le bâtiment. Inutile de se torturer l'esprit. Il espère que cette réunion dominicale l'apaisera quelque peu.

Il s'assoit au dernier rang, comme à son habitude. Il aime être en retrait, observer les gens, ceux qui viennent là par habitude, par tradition, ceux qui ont un air presque possédé pendant les paroles du prêtre. Hal, il ne sait pas trop comment on le voit, ce mec qui vient tous les dimanche, totalement seul et qui ne décroche pas un mot à part pour réciter les textes saints. Hal ne parle que parce que sa voix se perd avec le flots des autres. Et une messe, c'est long. Hal est presque soulagé quand ils finissent la prière eucharistique. Il marmonne une formule de politesse avant de s'enfuir, manteau sous le bras, alors que quelques femmes de bonne famille échangent des banalités avec le prêtre. Sûrement des potins sur la petite ville. Les cathos, comme tous les autres, ne sont jamais avares de cracher sur ceux qu'ils estiment moins honorables qu'eux. Mais l'être humain est ainsi fait, songe t-il en posant ses deux mains sur le volant. Lui n'est pas plus innocent qu'un autre. Sa musique à fond, il démarre dans un bruit de fin du monde. Son pick-up menace de tomber en pièces après chaque derby; il n'a l'air de tenir le choc seulement grâce à l'intervention du saint esprit.

Une fois arrivé à Pepperville, il hésite à rentrer chez lui, ou à se poser au Valhalla. Le dimanche, c'est plutôt calme, alors que chez lui, tout le monde déjeune à grand fracas. Une vraie ménagerie. Pour travailler, le choix est très vite fait. A chaque fois qu'il passe le pied de la porte, ce sont les mêmes piliers de bars, l'haleine déjà chargée à dix heures du matin, qui le saluent. Sans être extrêmement populaire, Hal n'est pas un inconnu dans la petite bourgade qui l'a vue naître. Ne voyant personne au bar, il hausse des épaules. S'il s’assoit, quelqu'un viendra prendre sa commande de toute façon. Confortablement installé sur une banquette, il couche sur le papier un prototype de puzzle en bois, alors qu'une silhouette capture son attention. En moins de temps qu'il ne faut pour dire pouf, Hal se retrouve à dévorer du regard un fessier masculin à quelques mètres de lui. Qu'y peut-il ? Rond, dans un jean moulant.. Il se ressaisit en sentant une présence moqueuse à ses côtés. Il tourne la tête. Oh.. Chloé. L'air goguenard de la serveuse lui fait monter le rouge aux joues. Je.. heu.. tu vas bien ? Est-ce que tu pourrais m'apporter un café, s'il te plait ? demande t-il, en espérant que son amie le laisse en paix.

    

@Chloe A. Pemberton
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Chloe A. Pemberton
Jeune chaton

Message(#) Sujet: Re: les yeux qui traînent (chloé) Lun 8 Jan - 0:29

J’aime mon métier. Les gens qui m’entendent dire cela, doivent sans doute me juger comme une personne manquant d’ambition alors que d’autres se diront plus méchamment que c’est tout à fait normal vu que je suis idiote, mon manque d’instruction scolaire leur donnant directement ce préjugé au bout des lèvres…Mais je me fiche de ce que les gens pensent. Ou tout du moins j’ai appris à faire en sorte que cela ne m’atteigne pas ! Effectivement, si je n’avais pas quitté l’école si tôt, peut-être qu’aujourd’hui je ne ferais pas ce métier. Je serais sans doute vétérinaire ou éducatrice canin, quelque chose du genre…Personne ne sait ! toujours est-il que je ne regrette pas mon choix de vie, et qu’il me plait d’aller travailler au Valhalla. On pense naïvement que dans un bar, la seule chose qu’on y trouve, c’est des alcooliques et des borderline…Alors que moi, au contraire, je trouve qu’il n’y a que dans un bar que l’on voit le plus de mixité sociale. Des pauvres, des riches, des noirs, des blancs, des hommes, des femmes ; des trompeurs, des trompés ; des hommes d’affaires, des artisans…des personnes qui viennent fête une promotion, s’extasier d’une bonne nouvelle, tandis que d’autres viennent noyer leur chagrin dans un verre après une perte de d’emploi ou la mort d’un être proche. Un bar, quel qu’il soit, accueillera tout le monde, sans préjugés, sans attente particulière…si ce n’est peut-être de revoir les gens qui y sont passés, revenir encore.

Les habitués, c’est notre confort en tant qu’employés ! On les connait, on sait ce qu’ils veulent, à quelle vitesse ils le souhaitent, ce pour quoi ils viennent. Sans qu’on le cherche réellement, on apprend pleins de choses sur eux, on échange, on communique…et très vite, on devient un élément essentiel à leur quotidien. Parfois même, on s’étonne de voir qu’après avoir été absent ou en congé, on apprend qu’un client s’est inquiété de ne pas nous avoir vu ! qu’il a pensé au pire, voir qu’il a espéré nous revoir très vite ! J’aime ces habitués, parce qu’il me donne l’impression d’appartenir à leur famille…Mais j’aime aussi les inconnus, les étrangers ; ceux qui viennent pour la première fois !! Avec eux, on peut passer notre temps à les étudier dans un coin, et à s’imaginer la raison de leurs venues. Parfois, entres nous, on tente de parier sur la situation de l’inconnus : riche pauvre, marié, parent ? touriste ? habitant fraîchement débarqué…celui qui vise le plus juste, s’évite une plonge pour leur service du lendemain !! Mais attention, on joue à cela, en gardant toujours en tête : pas de préjugés, juste des intuitions…peu importe ce qu’il est en réalité. Il reste un client, et peut-être qui sait, un futur membre de notre grande « famille » d’habitués

En ce jour, il n’y a pas de différence avec les précédents, je fais mon service avec le même sourire, le même entrain, et la même volonté de faire que MES clients, soit satisfait de leur passage ici. S’ils sont venus leur cœur lourd, je veux qu’ils puissent repartir plus léger. Et s’ils semblent tracasser, je veux qu’ils puissent savoir qu’ici, il y a peut-être quelqu’un qui peut les écouter.

Voilà qu’un habitué passe par là, et comme à mes habitudes je me fais une joie de le servir. Hal ! Cet homme me fascine par son talent d’ébéniste en même temps qu’il m’intrigue par cet air perdu et torturé qu’il peut arborer parfois. Comme toujours, il se trouver un coin dans le bar, sur une banquette ; et comme à MES habitudes, je prends le temps de l’observer dans un coin, histoire de jauger son humeur de jour. Et ce que je vois en ce moment me fait sourire. Avançant vers lui, pour prendre sa comande, je garde ce sourire amusé sur les lèvres et le salue…d’une manière qui ne laisse aucun doute sur ce que j’ai capté avant de venir. « Je vais bien merci. Et toi ? … moi aussi, je trouve qu’il a un très joliiiiii….jean ! » ajoutais-je alors que je m’étais penché vers Hals pour lui dire cela d’un ton plus emprunt à la confidence qu’autre chose. Bien évidemment, ce n'était clairement pas le jean auquel je faisais allusion, mais bien à ce qui se trouvait en dessous. Puis, reprenant mon rôle de serveuse, je me redressais et déclarais « je t’apporte ton café tout de suite ! juste le temps de le servir et d’aller signaler ma pause au patron » Je ne l’avais toujours pas pris depuis mon arrivée, et le fait que Hal soit présent me donnait soudain l’envie de prendre cette fameuse pause. « Je reviens… »

@Hal Travis
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Hal Travis
Jeune chaton

Message(#) Sujet: Re: les yeux qui traînent (chloé) Ven 12 Jan - 23:17


Hal aime l'ambiance du Valhalla. De un, parce qu'il y traîne depuis un sacré moment maintenant, toujours dans les jupons de sa sœur, comme disait son père, éloge à la subtilité. Le Valhalla, il y a sa place, son siège, son alcool favori. On le reconnait, on le salue; une fois qu'il passe la porte d'entrée, il devient quelqu'un et se sent tout de suite moins seul dans les jours de perdition ou d'incompréhension. Au Valhalla, Hal est probablement un alcoolique solitaire, comme tous les autres. On attend rien de sa part, excepté s'esclaffer d'un rire gras et payer la tournée de temps en temps. Bref, il passe totalement inaperçu, d'une manière bien plus agréable que lorsqu'il se retrouve avec Alexis et Marcus et qu'inévitablement, il compare ses ambitions avec les leurs. Au moins, au Valhalla, il n'a pas l'impression d'être une déception ambulante. Cela le soulage. Un peu. Mais au final, ce qu'il préfère dans ce bar, c'est le personnel. Aimable comme c'est pas permis, l'ambiance y est bien différente que dans les lieux branchés où il s'est parfois retrouvé à Helena. Dieu seul sait à quel point Hal déteste Helena. C'est cher, c'est moche et.. bon il n'a pas d'autres arguments, mais il n'aime pas Helena, un point, c'est tout et défendra probablement le Valhalla jusqu'à la mort, bien que l'orthographe hésitant lui cause encore et toujours des difficultés à prononcer ce nom.

Ce fut donc Chloé qui vint le voir, sa chevelure rousse sublimée par la douce lumière matinale. Elle lui évoquait une petite fée, enfantine, mais aussi capable de piquer là où ça fait mal, très mal. Et, mine de rien, la benjamine des Pemberton était assez familière pour qu'elle se permette de se pencher vers lui, un air malicieux gravé sur son visage avenant. Les joues roses du jeune homme dévoilèrent très vite son inconfort; non pas qu'il ait peur des femmes, loin de là, mais sa pudeur prenait régulièrement le dessus sur sa fierté. Et l'air narquois qu'abordait Chloé n'arrangeait vraiment rien. Les mots qui sortirent de la bouche nue de l'oiseau moqueur achevèrent le pauvre garçon, dont le visage tourna très vite au carmin. Si Hal l'avait pu sans passer pour un taré, il se serait tapé la tête contre la table en bois. Jamais de toute sa vie il n'avait été aussi mal à l'aise. Et encore. Elle l'avait épargné en restant plus ou moins subtile. Que Dieu la bénisse. Hhmmm.Il fallait garder l'honneur sauf. Oui euh, il doit porter un Levis, un jean de ce genre, forcément cela le met en val..Rahhhh, il s’interrompit directement, avant te tenter une petite blague, laquelle, il l'espérait, ferait éventuellement passer la pilule.Enfin, c'est pas la mode qui m'intéresse, même si on pourrait croire le contraire ! débita le jeune homme en désignant sa tenue, qui était extrêmement basique. Peut-être que son humour pourri ferait fuir Chloé.

Vraisemblablement, personne n'avait pitié de lui aujourd'hui, vu que la jeune femme lui annonça, un sourire lui dévorant le visage, qu'elle allait prendre sa pause, certainement méritée, Hal n'en doutait pas, mais sérieusement ? On aurait pu faire cuire un œuf au plat sur ses joues. Le brun s'appliquait à présent à garder les yeux rivés sur son carnet, réfléchissant sincèrement à ce qu'il allait bien pouvoir dire à la jeune femme. Il était désespéré par sa tendance à faire des gaffes. Chloé devait le trouver ridicule. En parlant de cette dernière, celle-ci le rejoignit rapidement d'un pas énergique. Certes, Hal était manuel, mais jamais il n'aurait pu travailler en restauration. Lui était doué pour la dextérité méthodique, pour les travaux qui pouvait prendre des heures à être réalisés. Mais Chloé, oui, Chloé était faite pour ça. Peut-être qu'un jour, elle dirigerait cet endroit, tiens ! Merci Chloé ! lança t-il en attrapant sa tasse de café. L'odeur du breuvage lui remontait tout de suite le moral. Et surtout, boire l'empêcherait de sortir des bêtises plus grosses que lui. C'est pour ça que je vis. Je n'attends que ça toute la semaine. Mon café au Valhalla. Pourquoi aller au Starbucks quand on peut être servi avec un tel sourire ? confia Hal d'un air rêveur qui n'était même pas feint. Peut-être que la flatterie le sortirait de ce mauvais pas. Malgré tout, il était charmant. Non ?
 
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Chloe A. Pemberton
Jeune chaton

Message(#) Sujet: Re: les yeux qui traînent (chloé) Mar 16 Jan - 23:16

Si je dois m’attarder sur les habitués, je dois admettre dans ce cas que certains attire plus mon attention que d’autres. Attention, je ne dis pas cela en évoquant l’apparence, ou un truc du genre. Non, il s’agit plus simplement de personne qui ont quelque chose en eux qui me fait me sentir proche d’eux. Une histoire similaire, un caractère compatible, une sensibilité…ou même un mode de vie. Le fait qu’on trouve de tout dans un bar nous amène forcément à un constat : on est un peu tous pareil…en tout cas, on se trouve facilement des points communs avec les autres. Il suffit de chercher et d’observer.

Mais alors concernant Hal ? qu’est-ce qui fait que je me sens proche de lui ? J’admire ce qu’il est ! J’admire son sens artistique, son œil avisé, son être un peu torturé, et son allure, qui bien qu’il en doute – au vue de sa réflexion sur son gout pour la mode – est correct pour moi ! bon je ne suis peut-être pas un exemple, c’est vrai…mais bon. BREF ! Tout en l’observant dans mon coin avant d’aller le servir, je me rend qu’il y a peut-être bien autre chose qui va me faire me sentir proche de cet homme. Apparemment, on partage un gout commun pour la gente masculine…de même que je suis sûre qu’on partage le même gout de la gente féminine ! Ce que l’on ne partage pas, par contre, c’est le sens de la discrétion sur le sujet !!!

Pour m art, je n’ai jamais caché ma sexualité à ceux qui me connaissse. Et pour les autres, eh bien : il suffit simplement de me demander pour que je réponde. Je pars du principe que moins on fait de mystère sur le sujet, et plus vite les gens passent à autre chose. Mais je reconnais que pour certaines âmes perdues, s’oser parler de sa sexualité, c’est aussi révéler des choses que l’on pourrait se cacher à soi-même. Hal, fait-il partie de ces personnes là ? où est-il simplement plus discret que moi sur sa vie ? Depuis que je le vois ici pourtant, jamais je ne l’ai vu en compagnie d’un homme. Et il faut voir sa réaction à l’idée que je l’ai grillé à mater le cul de ce type, pour comprendre que cet info devait sans doute rester secrète.

Ma curiosité est un vilain défaut, je le sais…mais je sais aussi qu’elle me permet de percer à jour les gens, et de ce fait, de mieux répondre à leur attente, dans le cas où ils auraient besoin d’un aide. Je suis curieuse oui, mais pas intrusive. Jamais je ne cherche à mettre mal à l’aise les gens…je n’aime pas ça ! Alors, tout en préparant le café de Hal avant de prendre ma pause, je me mets à réfléchir à la possibilité que ma façon d’avoir commenté sur ce que Hal matait, a pu mettre bien mal à l’aise celui.

C’est donc après avoir fièrement révisée mon comportement que je suis revenue vers l’ébéniste, son café chaud en main, que je pose sur sa table « AAAaahhhh, attention, tu vas finir par me faire croire que c’est mon sourire, finalement, que tu viens chercher » plaisantais-je tranquillement, avant de demander poliment « Je peux m’asseoir à ta table, histoire de discuter un peu ? » oui, il fallait tout de même lui demander et ne pas s’imposer. « T’avais l’air un peu….. « ailleurs » tout à l’heure, alors peut-être qu’une petite discussion te changera les idées ? » je jouais sur les sous-entendus parce que je savais qu’Hal serait à même de les comprendre…et ne pas dire clairement les choses lui laissait une belle porte de sortie. Une manière de dire que s’il ne souhaitait pas en parler, alors c’est que tout ceci n’aurait jamais existé…


@Hal Travis
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Hal Travis
Jeune chaton

Message(#) Sujet: Re: les yeux qui traînent (chloé) Lun 22 Jan - 23:36


Il est content d'être tombé sur Chloé. Ça... ça aurait pu être pire, c'est sûr. Sa sœur aurait pu le cramer en flagrant délit de reluquage de fesses. Oh Seigneur, il ne veut même pas imaginer la scène si Alexis avait été à la place de Chloé. Plutôt mourir. Il ne veut pas se projeter et là,
bordel, il se sent au pied du mur. Que faire, que dire ? Chloé vogue de tables en tables comme si elle était la reine de cet endroit, tout simplement. Elle finit par s'asseoir, la bouche en coeur, l'air de rien. Il ne va pas se mentir, il est un peu jaloux que cette aisance naturelle qu'elle possède, cette aura calme et apaisante, ce je-ne-sais quoi qui la rend à la fois irrésistible et attachante. Hal a envie de lui déverser tous ses doutes et ses peurs à la figure. Pourtant, en ce qui le concerne, il est un jeune homme de peu de mots. Il s'est toujours très peu confié. Habitude de famille, très certainement. Trop de choses à écouter, pas assez de temps.
Chloé semble moins taquine, à présent. Elle a sans doute remarqué son malaise. Hal sait très bien que beaucoup de personnes se plaisent à qualifier la jeune Pemberton d'idiote, voire pire, devant et derrière son dos. Mais Hal, lui, sait qu'il n'en est rien. Chloé possède une grande qualité, celle de l'intelligence humaine. Lui même a décroché de l'école très tôt, sans jamais le regretter. Ils partagent cet amour des tâches simples, manuelles, qui abîment les doigts et reposent l'esprit. Hal n'y peut rien, il a très vite remarqué qu'il était plus à l'aise dans le silence d'un atelier ou dans les vacarmes et les rires gras qui animent un chantier survolté que dans l'atmosphère pesante d'une salle de classe.

Le café lui brûle la gorge; c'est toujours mieux que de dire des conneries. Il lance un sourire à Chloé, plantée près de la table ronde. "Oh, peut-être, peut-être. Il y en a sûrement qui viennent seulement pour la barista la plus charmante du Montana!"Lui ne connait pas vraiment la solitude crasse, l'isolement, oui, parfois. De temps en temps, il se sent en décalé, comme s'il regardait ses proches à travers une vitre déformante. Il frappe et il frappe comme un demeuré, ses doigts sont esquintés, ses phalanges bleues et rouges, mais personne ne le regarde. Alors, il peut comprendre que des vieilles âmes cabossées viennent chercher un peu de chaleur humaine dans des vieux bars qui n’existent encore que grâce à la générosité de clients qui n'ont nul part d'autre où aller. Les joues d'Hal se couvent de rouge lorsqu'il se rend compte de sa grossièreté. "Oui... bien sûr que tu peux t'asseoir !" Il lui fait maladroitement de la place, en manquant de faire tomber son carnet. Ce n'est pas comme s'il allait beaucoup avancer sur son schéma, après tout. "Tu es comme chez toi, après tout !" renchérit le brun, en sirotant une gorgée de café. Il sent étrangement moins nerveux à partir du moment où elle se glisse délicatement sur la chaise. Elle le happe dans ses yeux, bienveillants, qui ne réclament même pas la vérité.

Hal se rend compte qu'elle lui laisse le choix et il a l'impression de se retrouver face à la boîte de Pandore. Il peut très bien faire comme si de rien n'était, en gardant cette drôle de boule dans son bas-ventre, de plus en plus lourde, comme du poison dans son corps. Ou il peut vider son sac, montrer ses tripes et son cœur, attendre qu'on lui dise quoi faire, quoi penser, quoi dire. Au fond, il est conscient qu'il ne trouvera jamais son chemin seul. Ça l'agace, mais c'est la vérité. Hal croise tout de même ses bras, histoire de se donner un peu de contenance. "Ecoute, je... Je ne suis pas habitué à creuser et à regarder ce qui ne va pas chez moi. Je veux dire, j'aime les femmes. Ça partira peut-être, non ? Comme c'est venu ? " Hal fronce les sourcils." Je ne connais rien sur le sujet. Mais" continue t-il en baissant la voix, "je suis toujours sorti avec des filles. Pas beaucoup, certes," admet-il en secouant un doigt. "Je sais me tenir. Mais Bon Dieu, jamais j'aurais cru... mater le cul d'un autre mec ! Et pas que ça !" achève t-il d'un air catastrophé. Pfiou. Ça soulage.  
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Chloe A. Pemberton
Jeune chaton

Message(#) Sujet: Re: les yeux qui traînent (chloé) Jeu 1 Fév - 0:01

Finalement, mon intuition n’était pas si défaillante que cela…alors que j’hésitais encore à tenter une discussion un peu intime voire possiblement dérangeante pour Hal – qui se cachait pour le moment derrière des petites flatteries pour retarder notre échange – je fut soulagée de voire le jeune homme se confier quelques secondes plus tard. Je m’étais assise à sa table, tournant de ce fait le dos au fameux « objet » du délit qui était encore un peu plus loin dans le bar, et me concentrait sur Hal qui décidait me montrait aujourd’hui la facette la plus nerveuse qu’il ait pu laisser paraitre depuis que je le connaissais. Non pas qu’il donnait l’impression d’un homme confiant tous les jours, mais…disons que jusqu’ici, j’avais pensé que sa nervosité, ou son regard inquiet qu’il pouvait avoir parfois, avait plus un rapport avec son métier, son art, et ce qu’il n’arrivait pas à en faire. Aujourd’hui, je me demandais si les questionnements que le brun avait face à moi, étaient présents depuis longtemps au point de le consumer de l’intérieur.
Ses bras croisés, et sa posture sur son siège aurait pu donner l’impression à toute personne extérieure à notre conversation, un sentiment de confiance ; un échange ressemblant à un sujet maitrisé par l’ébéniste. Et pourtant, tout ceci était fort contradictoire par rapport à la VRAIE conversation qui se jouait là, maintenant. « J’aime les femmes. Ça partira peut-être non ? » hmmm…ces mots. Je les connais très bien, pour les avoir moi-même prononcé il y a quelques années. Et je savais que pour beaucoup de cas, la réponse à cette question était : « non ». Mais malgré le côté sérieux de cette conversation, je me rendais compte que si je restais aussi sérieuse et solennelle à l’écoute, Hal allait finir par encore plus paniquer. C’est pourquoi, je me permettais de m’installer plus confortablement sur ma chaise et de prendre un air bien plus contractée que le sien pour tenter d’apaiser un peu son dilemme : « Bah écoute…c’est pas un crime que de regarder, à ce que je sache ? non ?....Si tu savais le nombre de fois où j’ai pu reluquer le décolleté d’une femme… » le problème, c’est que moi, depuis le temps, j’avais pris conscience d’une chose : j’étais Bi. Hal, lui, semblait encore au stade de l’incompréhension, voire même peut-être du déni. « Si je comprend bien, c’est tout récent cette nouvelle façon de mater les hommes ?? Ca a commencé comment, tu saurais le dire ? » Mes questions semblaient peut-etre inutile et pourtant, je les trouvais essentielles. Parfois, il suffit de ces simples questions pour que la personne en face, se rende compte - à vouloir y répondre – que ce penchant ne date finalement pas d’hier et qu’il était juste bien refoulé, voir même inconsciemment mal interprêté.



@Hal Travis
( Sorry pour l'attente, j'ai fait trop de ménage dans mes notifications et j'ai pas fait attention à ta réponse sur notre sujet !!! Désolée :caché: ...)
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Hal Travis
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Message(#) Sujet: Re: les yeux qui traînent (chloé) Dim 11 Fév - 22:14


    Hal passa une main dans ses cheveux. Emporté par la litanie incontrôlable qui s’était frayée tant bien que de mal un chemin depuis ses tripes jusqu’à ses lèvres récalcitrantes, il avait laissé refroidir son café, dont l’amertume ressortait d’autant plus. A présent, il se sentait soulagé; il avait finalement rendu les armes et ça faisait du bien, c’était le moins que l’on puisse dire. Ses mots suintaient d’honnêteté et il n’y avait pas eu la moindre trace de mensonge ou d’hésitation lorsqu’il les avait prononcés; purs, bruts et taillés dans la roche.
Néanmoins, le malaise qu’il ressentait depuis quelques minutes continuait de le tourmenter. Il avait l’impression d’avoir une corde autour du cou, qui se resserrait de plus en plus, l’empêchant de respirer correctement. Il tripota sa cravate effilochée, qu’il ne portait que pour se rendre à la messe; un vieux carré de tissu délavé, d’un noir pâle, qui avait trôné autour de la nuque de son père, le jour de son mariage. Hal la dénoua et se sentit aussitôt un peu moins oppressé. De toute façon, il avait l’amère impression de n’être qu’un animal de foire, bien dressé, lorsqu’il était amené à porter ce genre de fringues.
Malgré son anxiété grandissante, il tenta de porter une oreille attentive à la voix douce de Chloé, qui, après quelques secondes de réflexion, avait fini par s’élever. Après tout, la jeune femme restait la meilleure interlocutrice vers qui se tourner; bien qu’Hal ne fut pas du genre à écouter les cancans et compagnie, la sexualité de Chloé n’était pas vraiment un secret et celle-ci n’avait visiblement jamais cherché à l’enfouir et la réprimer honteusement. Il y en a qui sont chanceuses, songea le brun avec une pointe de jalousie mal placée.

    Hal laissa échapper un sourire aux paroles de Chloé. Dans le fond, elle n'avait pas vraiment tort. "Je sais bien que ce n'est pas mauvais en soi. Mais, je suis très chrétien. Tu dois le savoir, mais d'une paroisse à une autre, les avis varient sur ce genre de... bref." Comme à chaque fois qu’Hal réfléchissait, son visage s’éclaira d’un coup, ses yeux se plissèrent, une dent blanche un peu plus pointue que les autres alla mordre ses lèvres rosées. Est-ce que c’était si récent, si inattendu, cette façon presque outrancière qu’avait son regard de s’attarder sur les hommes qu’il trouvait attirants ? Non, pas attirants. Ils lui plaisaient carrément, ces types là. D’ailleurs, même s’il n’aimait pas trop se perdre dans ce genre de réflexions, il avait un bien un genre. Plus grand que lui, ce qui n’était pas bien difficile; avec des bras plus lourds, des mains plus épaisses, un regard plus confiant, des paroles sages.
   
S’il faisait preuve d’honnêteté avec lui-même, cette attirance un peu floue n’était pas si nouvelle. Toutes les années où il avait joué pour l’équipe de basket de la ville avaient été marquées par une gêne douloureuse face aux corps ruisselants de ses camarades dans les vestiaires. Se doucher seul n’aurait fait qu’attirer l’attention et le rendre étrange aux yeux des autres, alors que tout ce qu’il voulait, ce qu’il mettait un point d’honneur à faire, c’était être banal. Et les embrassades lorsqu’ils réussissaient à remporter un match... Hal n’osait même pas y repenser. Au final, quitter l’équipe, enfin être invité à laisser sa place à quelqu’un qui se pointerait aux entraînements au lieu d’aller traîner Dieu seul savait où, avait été une renaissance et une petite mort à la fois. L’angoisse nébuleuse qui avait contaminé son organisme avait fini par hanter un autre adolescent et il avait continué sa vie sans accorder plus d’attention à la question. "Non, ce n'est pas vraiment nouveau..." Hal frotta son menton, l'air incommodé. "J'ai toujours eu des coéquipiers assez, comment dire, mignons et tactile quand je jouais au basket. Comme tu t'en doutes, ils étaient pas toujours timides dans les vestiaires, mais je mettais ça sur le compte de la puberté. Faut croire que j'avais vraiment envie de me retrouver seul sous la douche avec Joe Eckbert, en fin de compte." plaisanta t-il. Il se laissa couler contre le dossier du fauteuil, un peu plus détendu. "Et toi, comment tu as su ?" Sa question était peut-être indiscrète, mais Chloé conversait comme si elle discutait de la pluie et du beau temps, alors bon !
@Chloe A. Pemberton

( on dira rien sur mon retard non plus, ne t'en fais pas :mdr: )
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Chloe A. Pemberton
Jeune chaton

Message(#) Sujet: Re: les yeux qui traînent (chloé) Lun 19 Fév - 22:49

Ah…voilà le dilemme finalement. L’éternel dilemme qui confronte la religion – la foi que l’on lui porte – et les amours dit « interdits » ou « contre nature ». Bien que je comprenne que l’on se trouve une religion pour chercher des réponses qui nous satisfasse, je ne comprenais pas que l’on s’enferme sur une seule, et qu’on n’en vienne à se détourner de l’amour. Le seul sentiment qui pour moi ne doit pas avoir de règle, d’entité. Il n’y a pas de féminin ou de masculin, et le principe du « contre-nature » ne veut complètement rien dire !

J’écoutais donc Hal me signifier que ce qu’il posait problème finalement, c’était le quand dira-ton, et j’hochais la tête – non pas en signe d’approbation – mais plutôt pour lui faire comprendre que je savais où il voulait en venir. Je lui demandais ensuite si cette attirance pour les hommes étaient nouveau pour lui, mais Hal bien que perdu un peu dans ses pensées, ne tarda pas à me répondre que non. Son honnêteté le poussa même à m’avouer qu’il avait plus ou moins toujours ressenti un peu d’attirance ou d’excitation pour la gente masculine depuis plusieurs années déjà. « Bon eh bien au moins, c’est bien, tu t’en rends compte » lui déclarais-je avant de m’empresser de boire une gorgée de mon café de lui ajouter pour préciser « d’autres à ta place m’aurait assuré que c’est récent, que c’en est même étonnant…au moins tu n’es pas dans le déni. C’est une bonne chose ! » je lui souriais, en signe d’encouragement et en allait même jusqu’à plaisanter sur le sujet « Et puis hey, franchement, à ta place, j’aurais été dans le même état, si j’avais du pendant longtemps fréquentés les vestiaires de mecs après un match ! » ou même un vestiaire rempli de nanas, tout m’aurait mis dans tous mes états en fait, pensais-je en riant intérieurement. « Il avait quoi de plus ce Joe Eckbert ? » demandais-je un peu curieuse je l’avoue, mais aussi pour prouver à Hal qu’il n’y avait rien de honteux à exprimer ce genre d’attirance, et qu’au contraire, il était plus que libre d’en parler avec moi ! Et finalement, Hal joua à son tour les curieux, voulant savoir comment moi, j’avais su pour ma bisexualité. « Moi ? » commençais-je par répéter bêtement, avant de pencher la tête pour être ramené à un souvenir pas si vieux que cela « Quand une cliente du bar, de passage, à jouer le grand jeu – tout comme un homme l’aurait fait – et que je me suis rendue compte que ça me faisait EXACTEMENT le même effet qu’avec un homme justement » lui avouais-je sans aucune hésitation, avant d’encercler ma tasse de mes deux mains et adopter une position assise plus en avant, accoudée sur la table « En fait, au départ, je ne me suis pas vraiment posé de question sur ma façon si peu…comment dire…discrète ou introvertie de dire à une femme que je la trouvais belle et désirable. Vraiment : je mettais sur le coup que les femmes étaient plus à même de se complimenter et de percevoir la beauté chez l’une et l’autre…Et puis… » je tentais au fur et à mesure que mes pensées envahissaient mon cerveau, de faire du tri et récitait un peu mieux les débuts de mon interrogation sur ma sexualité. « Un jour, je suis tombée sur un porno – et vraiment totalement par hasard je le jure – et j’ai…enfin. J’ai trouvé que cela me faisait bizarrement de l’effet. » je riais doucement, me rendant quand même compte que j’étais en train de révéler à un client – mais quand même ami – que j’étais capable de réagir devant un film pornographique. « Mais là encore, tu vois, j’ai nié. J’ai refoulé l’idée en me disant simplement que je devais tout bêtement en manque et qu’un rien pouvait m’exciter. Et enfin, BREF, je me suis plus vraiment posée de question…jusqu’à cette fameuse cliente, de passage. » Et là, avec elle, oui, j’avais compris. Compris qu’il ne s’agissait ni d’une capacité exacerbée au compliment, ni d’un manque évident de sexe. Elle m’avait attiré comme un aimant, je m’étais laissé séduire par ces mots, par sa voix…le reste, c’était finalement elle qui avait pris les choses en mains, et m’avait amené à la conclusion que j’aimais les femmes autant que les hommes. « Enfin bref, je ne vais pas entrer dans les détails, mais après une nuit avec elle, j’ai clairement eu du mal à nier les faits ! » Est-ce que j’étais en train de sous-entendre à Hal qu’il fallait qu’il se laisse aller pour obtenir enfin les réponses aux questions qu’il se pose ? quoiqu’il que la seule question qu’il se pose finalement, c’est « A t’il le droit ?? ». Je reprenais ma tasse pour en boire une gorgée et finalement lui posait la question : « Aujourd’hui, c’est simplement ce que penses les autres, qui te retiens ? Ou c’est parce que tu as peur ? peur de te rendre compte que tu peux vraiment aimer un homme ?»


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Message(#) Sujet: Re: les yeux qui traînent (chloé) Dim 11 Mar - 2:00

Un souvenir lui revient en tête,

le genre que l'on enterre et que l'on édulcore, parce qu'il déchire notre cœur en des milliers petits morceaux de verre, qui rendent le moindre battement insupportable,

et aussi, accessoirement, parce qu'il fait encore trembler le vivant, et salit la mémoire du mort.

Hal avait six ans, à peine. Toujours fourré dans les jupes de sa sœur Alexis, des yeux inquisiteurs et des cheveux que personne ne prenait la peine de coiffer ; ce n'était pas comme si Hal allait redorer le blason de la famille ; ce n'était pas comme si quelqu'un en avait grand chose à faire. En général, le sujet des vantardises familiales, c'était Marcus. Pas besoin de demander à Marcus quelles avaient été ses notes, à l'école, ou s'il s'était attiré des ennuis. Après tout, il ne décevait jamais personne. Mais ça, c'était une autre histoire. A travers les rideaux semi-transparents, Hal pouvait voir le ciel pleurer d'épaisses larmes de coton. Des rugissements de joie et de fierté, mêlés au bruit des bières de mauvaise qualité que l'on entrechoque, retentirent depuis le salon. Il était à peine quatorze heures et son père, épouvantail aux cheveux blonds sales hirsutes, une clope fumante à la main et une canette dans l'autre, fêtait les exploits de l'équipe d'hockey d'Helena avec sa bande de vieux loups patibulaires. Habituellement, Hal n'aimait pas être dans les parages quand leurs carcasses erraient dans la maison, à la recherche d'une bière, ou pire. Mais le petit aimait beaucoup le hockey.

Alors, il s'approcha, doucement, comme un animal apeuré, à la merci d'un prédateur omniprésent. Il n'avait pas peur d'eux, ni de son père d'ailleurs, même s'il n'était pas vraiment rassuré quand ses parents retournaient tout dans la maison, tard le soir, les mains agitées de soubresauts, les orbites sanglantes, à la recherche de deux, trois dollars, misérables morceaux de papiers qu'ils refourgueraient à un salaud à l'âme crasseuse qui leur donnerait de quoi à se soulager. « Ah bah, il est là, ton chtiot ! » aboie l'un des acolytes de ton père. « Il fait toujours de ces têtes, c'lui là. On dirait qu'il vient de sortir du ventre de sa mère. » Hal fronça les sourcils ; il avait l'impression de déceler une insulte déguisée, sans en être sûr. Il décida de s'abstenir de répondre, c'était plus prudent. Tendrement, son père s'exclama : « Laisse le tranquille, mon gosse ! Viens-là, Alphonse. » Alors que le fils s'approchait sur la pointe des pieds, les autres hommes portèrent de nouveau leur attention vacillante sur la petite télévision, qui affichait à présent les publicités, remplies de trucs que personne dans la pièce ne pourrait espérer acheter. Son père approcha ses doigts pressants près de son coup, agrippant la croix qui pendait sur son tee-shirt. « Regarde, elle est toute de travers. Il faut qu'elle se dresse droite sur ton torse, mon fils. Ca éloignera le démon. » De toute évidence, son père était déjà ivre, mais Hal se laissa faire. Tout ce qu'il voulait, c'était de l'attention. « Tu veux regarder le hockey avec nous ? » proposa son paternel, tout en tapotant l'espace libre à sa droite. Le garçon avait l'impression d'être convié à une réunion secrète.  « Euh... Oui. » Sourire satisfait. « C'est bien, au moins tu n'es pas une tapette. Pas comme le fils Ashworth. » « Le fils Ashworth est de la jacquette ? » Rires gras. Hal ne comprenait rien.  « Ca m'étonne pas. Toujours fourré dans les jupes de sa mère, celui-là. Comme ton fils, en fait. Tu devrais te méfier. » De nouveau, Hal était le centre de l'attention, et pas pour son intelligence fulgurante. Il tenta d'agripper le regard de son père, mais il ne vit que deux billes glacées, vidées de l'affection qui les noyait quelques secondes plus tôt. Le patriarche Travis finit par reprendre la parole. « Arrêtez vos conneries. On est pas comme ça, dans la famille. »

Au moins, son père était mort l'esprit tranquille. Son père avait beau avoir vécu pour le Seigneur, il avait oublié d'en aimer tous les fils. L'avait-il payé lors du grand saut ?  Avait-il repensé à cette conversation d'ivrognes, autant de fois qu'Hal avait pu le faire ? Sans doute pas. Il avait même du oublier. Il avait du se dire que la foi inébranlable d'Hal éloignerait toutes les tentations, peu importe leur nature. Mais Hal avait appris les choses à la dure : ça ne sert plus à rien de prier quand la tentation était déjà là. Le brun ne put retenir un rire lorsqu'il entendit la réflexion de Chloé sur les vestiaires. Il se détendait un peu et n'arrivait pas à croire qu'il allait faire une blague sur sa bisexualité. Mine de rien, c'était la première fois. « C'était pas aussi sexy que ça. Tu aurais été déçue, je pense. » A part pour Joe Eckbert, fallait l'admettre. Joe et Hal avaient été de très bons amis, et l'étaient toujours, d'ailleurs. Joe, c'était le bon chrétien, toujours la croix dans la main et le ballon de basket dans l'autre. C'était un gosse de fermier, robuste et de haute stature, avec un visage naïf tacheté de petites étoiles rousses. Alors qu'Hal avait tendance à se mettre plus bas que terre pour le moindre échec, Joe semblait voir en chacun une qualité cachée. Mais, bien entendu, Joe était hétéro et n'en avait que pour la même fille depuis plus de six ans maintenant. « Quoi de plus ? Extrêmement beau, angélique, et inaccessible. Il l'est toujours. Mais il est fiancé.  » Même si Joe avait été potentiellement intéressé, Hal savait pertinemment qu'il ne se serait rien passé ; lorsqu'il s'agissait d'offrir son cœur, c'était toujours maladroit.

Hal ne put s'empêcher de vivre le récit de Chloé comme un rêve éveillé. Il tenta de se mettre à sa place, de se dire que cette jeune femme qui était à présent si à l'aise avec sa sexualité avait été aussi perdue que lui, fut un temps.  « J'aimerais bien que ça m'arrive... J'imagine qu'il faut provoquer sa chance, hein ! » Mais il avait beau dire, il ne voyait pas comment faire. « On dirait le scénario d'un film, ton histoire. Et tu l'as jamais revue, cette fille ? Ce devait être un ange envoyé sur ta route pour te montrer ta voie. » renchérit le jeune homme, très sérieusement.
Ce qui le retenait ? Ce qui était sûr, ce que ce n'était pas Dieu. Dieu aimait ses fils et si ses frères l'abhorraient, ce n'avait pas grande importance ; pour prier, Hal n'avait besoin que d'un esprit clair. Non, Hal savait ce qui lui faisait peur. « C'est... le décalage. J'ai l'impression d'être complètement à côté de la plaque, d'avoir un retard que j'arriverai jamais à combler. Et puis... J'suis pas vraiment à l'aise avec ce genre de trucs. La parlotte, les tours de charme, c'est pas très naturel pour moi. Je saurais pas aborder un mec qui me plaît. Si seulement j'avais un radar intégré, ce serait plus simple. » conclut t-il d'un air un peu atterré. «  Dis moi... Qu'est-ce qu'il a dit, ton père ? »
@Chloe A. Pemberton
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Message(#) Sujet: Re: les yeux qui traînent (chloé)

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